Queens and slim au cinéma Lumière Terreaux

Queen and slim c’est une histoire façon Bonnie and Clyde, version afro-américaine. Une histoire qui inspire, certes, mais qui dans cette version « moderne » comporte beaucoup trop de longueurs, malgré une image de qualité et une BO qui colle assez bien aux plans et au scénario, les séquences sont parfois un peu lassantes. Certains détails ne sont pas très convaincants et n’ont que peu leur place comme, la profession de Queen, avocate, qui ne sert strictement à rien hormis dans une réplique d’environ 10 secondes alors qu’elle aurait surement mérité d’être exploitée de manière un peu plus juste, une vidéo policière qui est clairement à charge pour l’officier et qui reste sans suite. Alors bon, bien que l’histoire se déroule aux USA, il est un peu dur de croire qu’une telle chose puisse se produire. Il s’agit certes d’envisager le scénario sous une optique dénonciatrice, mais ça reste un peu tiré par les cheveux. Ceci dit de part l’image et son coté rétro, la réalisatrice met en évidence une indéniable sensation anachronique qui nous remémore que les dérives racistes du passé n’ont guère changé dans certains coins des États Unis. Du négatif et du positif donc, mais surtout un couple de cinéma assez iconique avec la révélation de Jodie Turner-Smith et la confirmation d’un Daniel Kaluuya qu’on avait déjà vu sous un excellent angle dans le superbe « Get out » de Jordan Peele. Malgré des maladresses donc Melina Matsoukas signe un film assez bien scénarisé avec une vraie maîtrise de l’image.

Axel

Crédits > USA by Olena Panasovska from the Noun Project