Les Misérables

Projection au Cinéma Lumière Bellecour : Les Misérables

Je me suis rendu en ce jeudi au cinéma Lumière de Bellecour, pour une projection d’un film que j’attendais de visionner depuis de nombreuses semaines, tant sa promotion, et ses critiques se sont avérées excellentes.
Ce film c’est « Les misérables » de Ladj Ly.
Après une heure quarante deux de visionnage, quelle gifle !

Comme cité dans le film, il y a plus d’un siècle Victor Hugo rédigeait « Les Misérables » à Montfermeil dans lequel il écrivait cette phrase : « Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes. Il n’y a que de Mauvais cultivateurs. ». Et Aujourd’hui c’est le fruit de cette mauvaise pratique de la culture que l’on récolte à travers ce film.
Non sans connaître la situation dans les banlieues, il est impossible de ne pas être touché par la sincérité du film. Les Misérables c’est l’histoire d’une équipe de policiers de la BAC et de jeunes de la cité de Montfermeil, certes, mais c’est aussi l’histoire d’une relation entre ville et banlieue. Dans la lignée du célèbre « La haine » de Mathieu Kassovitz, les problématiques abordées sont les mêmes malgré les années passées. Comment réconcilier deux mondes que tout oppose ? Certains diront que des partis peuvent être pris dans le film, soit pour les « banlieusards » soit pour « la police ». À mon sens il n’en est rien d’autre qu’une interminable histoire dans laquelle tous veulent le mot de la fin sans savoir qui l’a commencée. Cette histoire c’est celle des laissés pour compte, de ceux à qui on a promis l’égalité des chances en les cloisonnant dans une cité, de ceux qui pensent que la violence face à la violence c’est la solution, ceux à qui l’on dit qu’il vaut mieux être le bourreau que la victime, ceux à qui l’on donne une arme et (ou non) une insigne afin de contenir des tentions créées par des années sur lesquelles on ne pourra jamais revenir. C’est l’histoire de la France « d’en bas », celle que tant de personnes se tiennent à voir à travers le journal télévisé entre voiture brulées, et bavures policières. Celles dont beaucoup trop détournent le regard mais qui pourtant existe et persiste à exister malgré tout les maux dont elle souffre. Et c’est ici même que la sincérité des misérables de Ladj Ly touche.  C’est sur la corde, celle de notre Société, de la France, des Banlieues, des Policiers, des Années passées, De la misère des hommes, de la Détresse sociale, du Déni, de la Violence, de la Tristesse, de la Haine. C’est la corde sur laquelle on tire jusqu’à ce qu’elle craque et que tout cède, pour de bon.
Mais jusqu’ici tout va bien…

Axel

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