Usines Fagor – Biennale d’art contemporain

Ils embrassent l’immense.
Le trop Vaste.

Puis leurs yeux tombent. A terre. Attérés.
Ils finissent par ne plus regarder que leurs chaussures. Un peu trop. Un peu trop longtemps.
Grelottants.

Dans les halls, ils se sont perdus, un temps figés, un temps déambulant, un temps à tenter les pourquois.
Attenter les pourquois. Pourquoi ?
L’attente du sens qui échappe.
L’attente.
Patiente dans le hall 1, encore clémente dans le hall 2, un peu moins dans le 3, trépignante dans le 4.

Ils disent, ils répètent, en choeur :
– “En 3, en 4, ce n’est pas chauffé ; nous avons –  nous avons ressenti, disons – plutôt-…, nous avons ressenti le froid, ce froid qui parfois, à guise, vise  l’inaccessible.
Comme si, comme si, le sens était là : faire en sorte que nous restions sur la touche, à distance de ce qui touche, cantonnés dans nos lointains, en dehors, envers et contre le dedans.
A l’écart, dans l’écart peut-être.”

Mais le petit, lui, a dit : “tu rentres dans la peau, par le nombril de quelqu’un, c’est trop bizarre. Tu ne sais pas où tu vas ressortir. En fait de l’autre côté, il y a la rue, il n’y a rien !

Isabelle

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