The Tiger Tour

RILES
The Tiger Tour

Le paysage du rap français est en pleine fusion, se risquant à fusionner les styles, les univers mais aussi les publics. Rilès en est sûrement le parfait exemple. Un français qui rap en anglais ? Ça passe. Un rappeur qui écrit des chansons d’amour ? C’est limite devenu une norme. Un rappeur qui chante ? Ça commence à se démocratiser. Un rappeur qui danse du contemporain, du Hip-Hop, de la Capoeira ? En France, ça s’est rarement vu. Et ceux sont toutes ces touches de couleurs qui font de Rilès peut-être un artiste unique en ce moment dans cette scène en pleine expansion qu’on aime appeler “urbaine”. Les univers se confondent aussi dans ses intonations musicales, avec des sonorités nord africaines / berbères, aux mélodies latines… aux confusions des langues employées (espagnols, anglais, arabe…). Pour autant dans toutes cette explosion de couleurs on le comprend Rilès et on s’y attache. On voit arriver sur scène un rappeur dans un simple survêtement, dansant comme si le spectacle n’était plus une scène de rap (et comme si il ne venait pas d’attraper froid), s’asseyant sur un tabouret le temps d’une ballade, pour ensuite reprendre ses raps endiablés menant la foule à la baguette car Rilès n’aime pas trop quand “ça ne bouge pas”. Rilès adore le risque, et pousse la foule enchantée de la Halle Tony Garnier à former un immense pog autour de son caméraman (lui assurant “de prendre en charges les frais d’hôpitaux” si besoin). Le concert de Rilès ce sont des étoiles pleins les yeux, mais aussi dans les siens, lui qui ne pensait pas réussir à remplir la salle, des refrains clamés haut et fort en cœur, des paroles mûrement écrites avec des chorégraphies époustouflantes. Gros coup de cœur pour la première partie qui a bien chauffé la salle, et qui nous a fait retomber en nostalgie du bon rap des années 2000 mais dont j’ai oublié le nom… 

Alyssia

Crédits > Curly Hairstyle by Berkah Icon from the Noun Project