Critique patinage

Un patineur qui fend la glace… Des images saccadées projetées sur un écran au rythme de la musique techno… Un homme qui dessine depuis l’estrade… Et puis là, soudain, retentit un chœur de jeunes femmes. En somme une performance qui n’illustre que trop bien la vacuité d’une importante fraction de la création artistique contemporaine : un patchwork d’actes et de gestes dont l’accumulation se voudrait porteuse de sens alors qu’elle ne fait en réalité qu’ajouter à la cacophonie d’une pantomime dénuée de sens. On retrouve ici illustré jusqu’à l’absurde le postulat relativiste qui semble dominer aujourd’hui certains secteurs de la création vivante, que toute action, que toute intention vaut nécessairement performance artistique indépendamment du creuset culturel au sein duquel elle s’exprime. Il serait possible d’interpréter de mille façons cet ouvrage paresseux qui à multiplier les gestes d’intention n’en embrasse finalement aucun. Sous les beaux atours que d’aucuns se plairont sans nul doute à lui prêter, le roi est nu.

Paul

Crédits > Snow skates by Perlisima Shoeder from the Noun Project