Dernière version de “Rencontre sous le Capot” “CMTRA” MJC Damidot le 24/10/2019

De plus en plus, j’aime ces rencontres qui me permettent de mieux comprendre comment s’organisent des sorties artistiques, quelles compétences exigent-elles voire du dévouement, ainsi, de ne plus simplement recevoir ces sorties comme un dû (j’ai payé) mais d’en apprécier au delà du spectacle lui-même toutes ses saveurs d’organisations invisibles (problèmes de logistique : pluie, fermeture du concert…) au citoyen lambda.
Le Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes (CMTRA en bref, mais déjà en le nommant ainsi je fais un exercice musical qui annonce la fête). Pourquoi le Traditionnel et pas le Folklorique : quelle est la différence ? Le Folklorique a une musique, des styles de costumes figés, le traditionnel retravaille et fait évoluer la musique d’origine en une nouvelle création musicale.
Existant déjà depuis 23 ans, il est depuis sous la présidente bénéfique de Marie Delorme au regard de son parcours singulier. Diplômée d’un BTS visuel, ne voulant pas végéter seule derrière un ordinateur, elle se reconvertie dans la grande aventure d’animer un réseau culturel qui correspond plus à ses valeurs entourée d’une équipe aux amples compétences pour animer ce dit réseau. Ce réseau régional, centré principalement sur les musiques d’ailleurs valorise le patrimoine de l’oralité essentiellement musicale, aussi bien pour les amateurs que pour les professionnels. Il ne peut exister sans financement (peu d’aides publiques), d’où une course perpétuelle de recherche de pécules par exemple suivant les corpus : un auto financement des structures, des échanges de ressources (biennale des patrimoines), une buvette (les jeudis de musique du Monde). Le centre a donc besoin d’un soutien à long terme mais aussi à court terme pour garder son autonomie et pour s’autonomiser, il a crée un label Ethnopôle. Son partenaire principal étant la Mairie de Lyon, il y a eu une création de charte de mise en valeur des musiques du Territoire d’où l’exigence de collecte de sons et les mémoriser par régions, quartiers, écoles , par exemple, le Vénézuéla par des vénézuéliens habitant Villeubanne. Le centre, fortement ancré à Villeurbanne, est une immense plate-forme outre la programmation des concerts, il possède des archives sonores, un site très prisé pour ses conseils de gestions de paiements et droits d’auteurs. Il soutient des groupes sans label pour une auto production, des clips, des projets de valorisation de la langue dans les quartiers. Il participe avec d’autres partenaires, jamais en concurrence, à des événementiels tels “Le chant des Sillons, la biennale des patrimoines, l’Escale musicale, Taces…”

J’étais très impressionnée par le travail du Centre, exigeant beaucoup de personnes (communication, comptabilité, logistique…etc)  et j’ai compris que depuis peu il existe un diplôme pour ce genre de métier où les questions incessantes du Centre en permanentes évolutions sont réellement / Qu’est-ce la musique du Monde, quels sont nos fondamentaux, a-t-on besoin de Nous ? J’ai une pensée particulière pour les anciens professionnels qui à force de se “débrouiller” sur le terrain ont  dû s’épuiser au détriment parfois de leur famille !!!! Ce qui est certain, c’est un métier difficile qui demande beaucoup de force, de charisme et de veiller sur soi pour ne pas s’épuiser à long terme.

Bien cordialement.
Marie-Christine Duvivier

Crédits > concertina by Parallel Digital Studio from the Noun Project