18 octobre 2019 Vaulx en Velin Théâtre Chaplin “Dexaxé”

Partie en confiance sur mes certitudes à propos de la radicalisation, je ressors de cette soiré avec plus d’optimiste sur la rentrée du territoire de ces “radicaux” et comment les accueillir pour leurs “rédemptions”.

La pièce d’Hakim Djaziri est plus ou moins une auto-fiction, il s’inspire de son enfance en Algérie, de l’installation de sa famille en France, exactement à Aulnay sous Bois avec toutes ses difficultés, son enrôlement dans le radicalisme pris au piège de la haine, jusqu’à ses projets pour le Moyen-Orient.

Projet avorté par son arrestation avant son départ. Celle-ci est suivie par une série de réflexions à l’aide de livres diverses, de nombreuses visites (Famille, Journalistes, Hommes religieux) dans sa prison pour aboutir au refus de cette violence et porter témoignages à sa sortie.

Après le spectacle, il y a eu un bord de scène avec les 3 comédiens.
Nous : spectateurs fortement interrogés via une mise en scène judicieuse, très puissante où le discours est mis en valeur par cette mise en scène dénudée de tous décors inutiles cad juste 2 tabourets, un rideau en tulle noir et des déplacements des comédiens à distances respectives et un jeu “habité”, sans rajout de verbiage et le ton précis des comédiens.

Les phrases qui m’ont portée sont les suivantes / 
Sa famille : Tu es précieux, tu es semblant aux hommes avant d’être différent, tu es aimé pour être un Homme avec les Hommes.
Sa mère : je te pardonnerais quand tu nous diras pourquoi tu nous aimes pas. Pourquoi tu n’as pas parlé ? Réveille toi.
Conversation avec son père dans la prison : Pourquoi je suis arrivé là ? C’est toi qui à choisi ta voie (Le père). Je suis confus et perdu.

En entendant ce spectacle, je l’ai vécu comme une résilience du “radical” avec une reconnaissance de l’amour éducative de ses parents. Voici ce qui suivit du débat après des applaudissements fournis et profonds.
Cette pièce est certes vécue comme une résilience mais sert aussi pour “détricoter” les médias, et ne pas avoir un jugement hâtif sur “l’instant- T”.
Le discours ambiant qui dit “Nous sommes en guerre” est un faux barrage, on bafoue l’Islam qui provoque une confusion et une perdition chez certains jeunes ignorant de leurs religions comme beaucoup de catholiques par ailleurs.
C’est un faux débat : “Il n’y a pas de folie humaine de radicalisation” mais une rupture identitaire : on n’a plus de place nulle part. Ces réflexions touchent tous les gens “en marge”.
Tout est possible, il faut revenir à comprendre pourquoi ils partent, sont-ils vraiment musulmans, ont-ils la folie de l’ignorance ?
Même quand il y a rupture de quitter son pays, l’Islam, qui prône un amour de paix, peut être une force pour les croyants.
Malheureusement, pour beaucoup, avec des raisons diverses, vaut mieux entretenir la peur et le problème de la communauté qui suivit : c’est d’avoir laisser faire au lieu de porter la parole du : “Vivre ensemble” et de faire société !!! 

Soirée bouleversante, recueillie et qui réveille pour agir maintenant.

Cordialement.
Marie-Christine

PS / J’ai mis en gras ce qui a porté le public après les discussions aussi entre-nous à la sortie, nous avions tous du “mal” à quitter la troupe et le théâtre.

Crédits > Escape from Rat Race by Luis Prado from the Noun Project