Martin Eden

Que dire… Incroyable adaptation d’un Roman que l’on ne présente plus tant son nom résonne. Impossible de tarir d’éloges sur l’œuvre de Jack London, probablement sa plus célèbre avec « L’appel de la forêt ». L’histoire d’une autobiographie dissimulée à travers ce personnage de Martin Eden. L’homme aux milles vies, marin, grand voyageur, trimard, force de la nature dont la misère ne dégage que sa beauté et son courage sans faille. L’histoire d’un homme seul dont la seule éducation s’est construite à travers la vie, une vie orpheline de famille et d’école, c’est l’histoire d’un homme qui ne croit qu’en la culture comme remède à l’esclavage psychologique et physique dont la société est infectée. L’histoire d’une ascension qui a été celle de M. London. Partir de rien pour arriver à son but, la réussite, d’une passion, d’abord, la réussite d’un courage, d’un charisme, d’un homme également. Sublimée par une histoire sentimentale, qui livre d’innombrables leçons de vie, à travers échecs successifs et persévérance, viennent réussites et déceptions. Se trouve ici une succession d’émotions. Impossible de ne se trouver concerné à aucun moment, tant l’homme a vécu, tant il sait de lui mais aussi de nous. A travers cette adaptation italienne, remarquablement effectuée dans un Naples dont le décor ne sait qu’embellir la performance d’un Luca Marinelli incroyable dans son rôle de M. Eden, tout est retranscrit avec finesse et fidélité au Roman de London. Des rencontres, aux décès, en passant par l’amour et la tristesse. Le tout relié à une société malade tant elle est traversée par des crises auxquelles tout le monde lutte, ce « tout » est une réussite, tout simplement. Des acteurs impériaux dans leurs rôles respectifs, ajoutez à cela la beauté et le tragique Italien et vous obtenez Martin Eden de Pietro Marcello.

Visionné au Cinéma lumière de Bellecour.

Crédits > Sailor by Alice Noir from the Noun Project