Festival « Les langagières » au T.N.P

Dans le cadre de ce festival de lecture où l’on a le choix d’assister à la lecture de son choix, selon un programme qui propose en simultané plusieurs spectacles, j’ai pu assister à trois prestations :

La première était une lecture par le comédien Maxime Mansion du texte de Loïc Demey intitulé Je d’un accident d’amour. Ce texte a été écrit par un ancien professeur d’EPS (Loïc Demey) qui s’est livré à un exercice proche de ceux de l’OULIPO : écrire une histoire sans verbe. Le ton est léger et les trouvailles multiples. Il s’est inspiré pour écrire cette histoire d’amour, d’une chanson de Arthur H intitulée « Prendre corps », elle même inspirée du poète roumain Gherasim Luca. Georges Perrec avait écrit une histoire sans utiliser la lettre E (La disparition). Ici la contrainte de l’absence de verbe est très concluante. Les deux personnage (Adrien et Adèle) s’écrivent des lettres, se rencontrent, se freudent et se nietzschent pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Le second spectacle est celui du poète marocain Abdelatif Lâabi accompagné au violoncelle par Lola Malique. La prestation est simple : une lecture avec des intermèdes musicaux parfois improvisés pour le plus grand plaisir des oreilles. Les images utilisées par le poète, qui a écrit une partie de son œuvre en prison, sont fortes et très évocatrices. Il donne une recette du verre du désespoir et finit par un poème qui commence par la phrase suivante répétée et scandée « Comme un bœuf, je tire la charrue de l’espoir ». On regrette toutefois que les poèmes ne soient pas présentés titre après titre mais tous livrés pêle-mêle.

Enfin, j’ai assisté à une lecture en braille d’un texte de Philippe Malone, par des malvoyants. Les lecteurs étaient tous, face public, derrière une table, et déchiffraient avec leurs doigts, les lettres en braille du texte, qu’ils s’étaient répartis selon un découpage proposé par Louise Vignaud, nouvelle directrice du Théâtre des Clochards Célestes. Une courte discussion a eue lieu à la fin de la représentation dans laquelle s’est posée la question des répétitions qui se sont étalées sur trois séances de deux heures.

Noémie.