Atelier d’écriture critique du 15 avril à la MJC de Villeurbanne

A l’occasion de l’atelier d’écriture critique du 15 avril dernier à la MJC de Villeurbanne, les participants ont été invités à raconter un avant et un après spectacle. Voici le texte de Claire.
Cet atelier était proposé par Culture pour tous et animé par l’auteur Mohammed El Amraoui (de l’association Dans tous les sens).

Je suis très ennuyée car à chaque atelier d’écriture critique je parle soit de ma fille, soit de ma mère, voire des deux.
Et bien cet atelier ne dérogera pas à la règle.

Hier, dimanche, ma fille est allée pour la première fois au cinéma. J’ai longtemps cherché des projections jeune public, enfin, très jeune public puisque Ambre a 3 ans. Et ces recherches ont abouti sur une sélection de courts métrages à l’Institut Lumière, dimanche 14 avril à 10h30. Il était possible de réserver en ligne, mais cela me semblait un peu trop ambitieux. Alors la veille au soir, je décidais de me décider le lendemain matin.

Dimanche 14 avril, 8h40, Ambre se réveille.
Il faut savoir que Ambre se lève deux fois l’année après 8h, et donc c’était ce matin-là.

Bonne humeur, bon petit dej’.
Je le sens bien.
Alors à 9h je me rue sur mon ordinateur, mais les réservations sont closes !

“Bon Ambre, on va aller au ciné, on va prendre le métro, ça va être génial ! Par contre peut-être qu’en arrivant il n’y aura plus de places. Mais on va prendre le métro, ça va être génial !”

Sachant que nous avions une demi-heure de transport en commun et que je voulais arriver un peu en avance pour maximiser nos chances d’avoir un ticket…
… attends je compte.
Punaise, on a 45 minutes pour se préparer !

Ambre a les cheveux couverts de miel, de miettes de pain et de banana bread, des moustaches de jus de carottes.

Ni une ni deux je la mets sous la douche, et moi avec.
On se savonne, se rince.
Je bondis hors de la douche, me sèche, m’habille.
Sors Ambre, l’habille, lui mets sa crème, me mets ma crème, lui sèche les cheveux, me maquille, lui mets ses chaussures et sa veste, en fais de même pour moi, dégaine la poussette, y jette des vêtements de rechange en cas de pipi spontané, une bouteille d’eau, une compote à boire et un gâteau au chocolat coupe-pleures, mes clés, mes clés, où sont mes clés ?

Ok, on est bon, j’ouvre la porte.
Intervention d’Ambre “Doudou-titine ?”
Putain, doudou-titine !

[Oui, Ambre a 3 ans et une titine. Et alors ? Ça n’a pas marché le coup du Père Noël.]

Bref, on déboule dans la rue, métro, changement de métro.
Je cours presque.

Arrivées à l’Institut Lumière je demande la voix tremblante deux places pour la projection.
“Ça fera 8 euros”. Oh yeah !
La pression retombe.

On pose la poussette, récupère les doudou-titine et autres affaires.
Ambre attrape un réhausseur en le nommant “bateau”.

Je me demande ce qu’elle imagine de ce qu’il va se passer pendant la prochaine heure.

Nous nous installons confortablement en plein milieu de la salle. C’est risqué car il peut toujours y avoir un pipi spontané, mais bon…
J’espère que personne ne se mettra devant elle pour profiter au mieux de ce premier ciné.

Je lui dis qu’une fois les lumières éteintes si elle veut me parler ce sera en chuchotant à l’oreille, elle se rapproche et me dit “ok”.

Une jeune fille prend le micro et nous présente le programme.

Enfin, le film commence.


Quelques heures après être allées au ciné et une sieste ratée, nous nous retrouvons Ambre et moi au square en bas de chez nous.

Je ne le sais pas encore, mais malgré la crème solaire indice 50, Ambre est littéralement en train de brûler.

Elle a récupéré le ticket de l’Institut Lumière et gribouille dessus. Puis elle réalise que ce même stylo peut se transformer en micro si elle le rapproche de sa bouche.

Découverte majeure.

Alors elle se met à mimer la jeune fille qui le matin-même nous avait présenté la projection.
Et avec une prononciation assez… créative dirons-nous, elle lance à son audience imaginaire : “Vous êtes bien installés ? Le cinéma va commencer !”

Claire