Dialogue après une représentation où les deux spectateurs ont des avis opposés

A l’occasion de l’atelier d’écriture critique du 2 mai 2019 proposé par Culture pour tous et animé par l’auteur Mohammed El Amraoui (association Dans tous les sens), Rolande a écrit ce texte.

Pas mal dans le fond de regarder et d’écouter. Ceux qui s’expriment si bien connaissent-ils la souffrance de celui ou de celle qui ne peut correspondre que par l’écrit ?

Il a applaudi. Pas moi. Silence entre nous puis je lance :

  • Tu as aimé ?
  • Pas toi, bien sûr !
  • Non, c’était sur joué mais bravo, bravo puisque certains acteurs peuvent tout se permettre. Et non content de se donner en spectacle, on peut dite que l’à-peu-près a envahi la scène ! Masqué, robotisé. Voilà le personnage que j’ai vu dans un grand numéro.
  • Tu es sévère !
  • Non je suis déçue, à m’en asseoir sur les marches pour pleurer
  • On rentre. Tu pourras écrire tout ça à en essouffler ta plume.
  • Ma plume ! Mais mon vocabulaire n’est pas assez riche pour exprimer tant de déceptions. D’avance, elle abandonne ma plume !
  • Viens, il pleut !
  • Tu vois, même le temps me donne raison !

Je viens de lire cette critique

Mais surtout l’actrice, elle-même, semble absente. On l’entend à grand peine, malgré le micro, tant elle semble évanescente, fantôme d’elle-même sinon de Gena Rowlands, encore dans toutes les mémoires. Elle murmure, quand on attendrait le feulement sauvage d’un monstre blessé. Qu’elle cache son regard derrière ses habituelles lunettes noires ou offre son visage nu à une caméra inquisitrice, elle ne dépasse jamais son rôle et son statut d’icône. Une vraie déception. 

Rolande