« Le poirier sauvage » de Nuri Bilge Ceylan

Huitième film du réalisateur turc, ressorti bredouille au dernier Festival de Cannes à l’inverse de « Winter Sleep » (ce long qui avait reçu la palme d’or en 2014), « Le poirier sauvage » raconte l’histoire de Sinan, un jeune turc qui a décidé de se vouer à ses études pour devenir instituteur, comme son père, et qui finalement y renonce, préférant se consacrer à l’écriture d’un roman autofictif qui porte le titre du film. Sur sa route, il croise le maire, à qui il demande (en vain) des subventions pour la publication et l’impression de son livre ainsi qu’un écrivain à succès, qui fait preuve de mépris et refuse de lire le manuscrit du jeune auteur. Issu d’une famille modeste vivant dans une ferme, Sinan manque de moyens financiers pour la publication de son œuvre d’autant que son père, criblé de dettes, lui vole de l’argent pour jouer au tiercé. Les femmes sont très peu présentes dans ce long métrage, exception faite de cette jeune femme turc qui préfère se marier à un riche bijoutier plutôt que de donner sa main à Sinan, son ami d’enfance. Elles sont aussi peintes dans une vision un peu réductrice, le réalisateur estimant qu’elles doivent se marier et être femme au foyer pour élever leur progéniture. Après avoir effectué son service militaire, Sinan retourne chez lui. Il constate l’échec de la vente à compte d’auteur de son livre qui a pu voir le jour grâce à l’argent de son grand-père. Déçu par cette défaite, Sinan revient chez les siens et se rapproche de son père. Il découvre que ce dernier le considérant comme un bon à rien, est un des rares lecteurs de son livre. Il décide alors d’aider son père au forage d’un puit. Le film se termine sur une image forte et très énigmatique qui laisse aux spectateurs la liberté de l’interpréter. A noter enfin le bande son très minimaliste (seuls quelques morceaux de musique classique résonnent aux moments clefs de l’intrigue) et l’évocation très rapide du poids de la religion et de la rivalité entre Turcs et Grecs.

Noémie